Mobileese met à jour les données à fin septembre concernant l’objectif 100000 points de charge pour l’infrastructure de recharge ouverte au public en France. L’installation de nouveaux points de charge se poursuit dans un marché où le nombre total d’installations tous segments est multiplié par 2,5 par rapport à 2020

Les résultats du 3ème trimestre – 3 mois avant l’échéance déclarée du gouvernement

8% de croissance des installation de points de charge sur ces 3 derniers mois, pour un total identifié de 60000 points de charge ouverts au public.

Le déploiement du réseau Belib’ à Paris, opéré par TotalEnergies continue sa progression.

Les départements du Cantal, de l’Eure-et-Loir, de Loire-Atlantique et de l’Orne montrent les progressions les plus notables.

Malheureusement les points de charge rapides à courant continu (plus de 50 kW de puissance) n’augmentent que de 2 % sur ceux qui nous sont déclarés. Nous restons autour de 2500 points de charge rapides déclaré.

Cela ne tient pas compte des infrastructures Tesla dont on dénombre plus de 800 points de recharge sur son réseau de superchargeurs. Le constructeur américain étudie d’ailleurs l’accessibilité de son réseau à tous les modèles de véhicules en réponse aux sollicitations gouvernementales. Dommage que le législateur ait refusé cela au début des premiers déploiements des superchargeurs. Ce serait un changement de position bienvenu pour augmenter l’offre de recharge rapide en itinérance, encore trop peu dotée.

Au global, remarquons le manque de prise en compte sérieuse de l’arrêté du 4 mai 2021 relatif aux données concernant la localisation géographique et les caractéristiques techniques des stations et des points de recharge pour véhicules électriques. L’aménageur de la station de recharge ouverte au public ou la personne désignée par lui doit mettre en ligne dans un délai d’un mois suivant la mise en service de la station, et dans un format lisible de tous les utilisateurs ces données. Beaucoup d’entre elles semblent encore manquer car d’un trimestre à l’autre. Les données de certains départements disparaissent. Pourtant, communiquer ces informations est la bonne solution pour que les utilisateurs de voitures électriques sachent où se recharger.

Une réglementation plus facilitante

De nombreuses dispositions ont été prises sur ces mois d’été pour faciliter l’accélération des déploiements de bornes de recharge dans les différents lieux de prédilection des utilisateurs de véhicules électriques. La première porte sur la simplification de la procédure de sélection des opérateurs chargés du déploiement des bornes rapides sur les aires d’autoroutes. La seconde émane de la loi Climat & Résilience officiellement promulguée à la fin du mois d’août. On y retrouve des dispositions pour le résidentiel collectif qui simplifie les démarches et facilite les installations. Le préfinancement des infrastructures collectives de recharge est assuré via un opérateur privé ou par le gestionnaire de réseau de distribution (Enedis), puis reporté sur les seuls utilisateurs de véhicules électriques. La mise en œuvre de la convention qui régit cette opération est adoptée à la majorité simple des présents à l’assemblée générale.

Autre angle, les collectivités qui réalisent un schéma directeur conforme au décret afférent, se voit attribuer des avantages sur les financements de leurs infrastructures.

Coté mobilité et déplacement, la mise en place des zones à faibles émissions est rendue obligatoire pour les agglomérations de plus de 150 000 habitants avant le 31 décembre 2024. Elle va exclure
progressivement les véhicules les plus polluants, ce qui nécessitera un accompagnement de tous les usagers de ces zones qui n’ont pas forcément prévu de changer de véhicules dans l’immédiat.

Les volumes de vente de véhicules accélérèrent le déploiement de l’infrastructure

La demande en installation de bornes est forte pour faire face à la croissance du nombre de véhicules électriques à la route des derniers mois. La filière vit une croissance des installations de +250% en volume par mois comparé à 2020, et ceux malgré la tension sur la production des bornes de recharge, affectée elle aussi par la pénurie de matières premières et de composants. La filière se développe avec de nouveaux acteurs et de nouvelles offres.

Les entreprises qui désirent transformer leur flotte et permettre aux employés de se charger sur le parking de l’entreprise ou en déplacement s’interrogent sur la manière de s’y prendre. Il est en effet indispensable de bien comprendre via une information précise, voire une formation plus dense, quels sont les impacts, les changements d’usage, les nouvelles solutions à prendre en compte.

Voici venu le temps de la professionnalisation

Ces changements très rapides contribuent à une industrialisation de la filière en phase d’initialisation : des produits, en passant par la conception, les déploiements, l’exploitation et la maintenance, l’infrastructure de recharge va devoir proposer des usages appropriés aux utilisateurs de mobilité décarbonées avec une qualité de service de haut niveau. Et cela va vraisemblablement passer par un changement de doctrine, comme pour cela s’est produit pour les télécoms, penser d’abord à l’usage du client final.

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