Analyse Mobileese optimisation cout achat et usage véhicule électrique

Mobileese a entrepris une analyse globale mobilité électrique des offres, des aides, subventions et frais d’usage pour optimiser les coûts d’achat et d’usage d’un véhicule électrique en ce premier semestre 2020.

Mobilité électrique – stratégie de l’État pour une transformation de la filière automobile

Face à la chute sans précédent des ventes de véhicules du marché automobile ( -72,2% en mars, – 89% en avril, et négatif en mai également), le marché français est pratiquement la moitié de celui de l’année 2019.

Au niveau européen, la baisse est de 38,5% en Europe. L’Italie -50,7%, l’Allemagne -31,0%, l’Espagne -48,9%.

Face à cette dure réalité, aux changements déjà engagés par la filière automobile, l’État a décidé de pousser un plan de soutien très important pour faire de la France le champion européen de la mobilité électrique.

Mobilité électrique – achat du véhicule électrique chez le concessionnaire

Le réseau des constructeurs offre des primes à l’achat d’un véhicule électrique : les offres sont régulièrement mises à jour. Les constructeurs y ont intérêt car ils doivent baisser la moyenne d’émissions en CO2 de leurs ventes de véhicules neufs. Par exemple, ils proposent des mécanismes d’échéances de paiement reportés jusqu’à 18 mois.

Mobilité électrique – baisser le coût d’achat d’un véhicule électrique

Bonus écologique

A partir du 1er juin et jusqu’à la fin de l’année, le dispositif de bonus écologique pour les véhicules électriques et véhicules hybrides rechargeables est renforcé :

  • Le bonus des véhicules électriques pour les particuliers est de 7000 € pour les véhicules d’un montant inférieur ou égal à 45 000 € ;
  • Le bonus des véhicules électriques (d’une valeur inférieure à 45 000 €) pour les flottes d’entreprises est de 5000 € pour les véhicules particuliers et les véhicules utilitaires légers ;
  • Un bonus de 2000 € est mis en place pour l’achat de véhicules hybrides rechargeables (VHR) pour les véhicules dont l’autonomie est supérieure à 50 km et d’un montant inférieur ou égal à 50 000 €, pour les particuliers comme pour les personnes morales. Afin de maximiser leur usage en mode électrique, les ventes de véhicules hybrides rechargeables seront systématiquement accompagnées d’une information sur l’avantage de la recharge et de propositions d’installation de bornes par des partenaires ou par des prestataires, ou avec l’appui des collectivités.

Prime de conversion

A partir du 1er juin et jusqu’à la fin de l’année, le dispositif de la prime à la conversion (PAC) est revu pour le rendre plus incitatif et plus ouvert, tout en conservant l’objectif de transformer le parc automobile français vers des véhicules moins polluants et moins émetteurs de CO2 :

  • Augmentation du nombre de ménages pouvant bénéficier des hausses de primes sur les véhicules thermiques, électriques et hybrides rechargeables. Le critère de revenu est élargi en relevant le seuil de revenu fiscal de référence (RFR) par part de 13 500 € à 18 000 € pour couvrir près de trois quarts de la population ;
  • Assouplissement du critère d’éligibilité pour la mise au rebut du véhicule pour inclure les véhicules Crit’air 3 (véhicules essence immatriculés avant 2006 et véhicules diesel immatriculés avant 2011, soit 50 % du parc automobile) ;
  • Augmentation du montant des primes actuelles pour l’ensemble des ménages concernés à 3 000 € pour l’achat d’un véhicule thermique et 5 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable dont l’autonomie est supérieure à 50 km ;
  • Pour les personnes morales, doublement de la prime actuelle pour les véhicules utilitaires légers électriques et hybrides rechargeables.

Ces mesures exceptionnelles ne sont appliquées qu’aux 200 000 premières primes à la conversion. Lorsque ce niveau sera atteint, le barème précédent sera rétabli.

  • Éligibilité à la prime à la conversion de la transformation d’un moteur thermique en un moteur électrique, dite « retrofit électrique », au même titre que l’achat d’un véhicule électrique d’occasion ;
  • Mise en place d’une surprime d’au maximum 2000 €, financée à 50 % par l’Etat et les collectivités, lorsque le bénéficiaire habite ou travaille dans une « zone à faible émission » et que le véhicule est électrique ou hybride rechargeable.

Aides régionales complémentaires

Les régions ne sont pas en reste, elles accompagnent par des aides supplémentaires les achats de véhicule électrique.

Région Sud-Est : Bouches-du-Rhône

Les Bouches-du-Rhône accordent une aide cumulable de 5 000€ pour tout achat d’un véhicule électrique neuf sans condition de revenus.

Région Ile de France

La région Ile-de-France accorde une aide cumulable de 6000€ sous conditions aux entreprises éligibles pour l’acquisition d’un véhicule électrique léger.

Région Normandie

En Normandie c’est une aide cumulable de 2000 € avec conditions de revenus.

Région Occitanie

Le montant cumulable de l’aide occitane est fonction de la situation fiscale :

  • 30 % du coût d’acquisition, plafonnée à 1000 € si le ménage est imposable
  • 30 % du coût d’acquisition, plafonnée à 2000 € si le ménage n’est pas imposable

Mobilité électrique – coût d’achat de la borne électrique pour se recharger

Quand ce n’est pas le constructeur qui vous offre la borne et son installation, des aides existent aussi.

Le programme Advenir finance la fourniture et l’installation de bornes de recharge dans le résidentiel collectif à hauteur de 50%.

Pour l’habitation individuelle, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt transition énergétique de 300€ pour bornes de recharge.

La mobilité électrique peut aussi générer des revenus

Après les coûts d’achat, regardons comment optimiser les coûts d’usage d’un véhicule électrique.

L’électricité coûte 3 fois moins que l’essence, la facture de fin de mois s’en ressent. Par exemple pour 20000 km annuel parcourus, le prix de l’électricité pour rouler sera de 850 € l’an environ.

Le V2G

Le principe de chargement des véhicules électriques est maintenant bien connu. Les nouveaux modèles de véhicule offriront également la décharge. Cette capacité va permettre de revendre au bon moment au réseau, l’électricité inutilisée par la batterie de sa voiture électrique. Cette technologie a pour nom le V2G (pour Véhicle-to-Grid). La voiture électrique génère ainsi des petits revenus complémentaires.

Les constructeurs automobiles comme Nissan, les énergéticiens comme EDF et d’autres acteurs se lancent peu à peu sur ces offres V2G. RTE estime que si un particulier se dote d’un véhicule électrique avec technologie bidirectionnelle, ainsi qu’une borne intelligente pour piloter les phases de charge et de décharge de la batterie en fonction des besoins, il ne pourrait dépenser qu’entre 100 et 200 € par an de consommation (électrique).

D’autres possibilités !

A noter aussi que les fournisseurs d’électricité développent des offres de location en partenariat avec des loueurs qui incluent dans le loyer le montant de la recharge, souvent exprimé en nombre de kilomètres parcourus.

De plus, comme votre véhicule est en moyenne utilisé 5 à 6% de sa durée de vie, pourquoi ne pas le louer à des inconnus sur le temps restant ? En moyenne, une location de véhicule rapporte entre 100 à 110 €, dont 70 à 80 € vont au propriétaire. Une location par mois permet ainsi d’apporter un petit revenu pour financer son Véhicule électrique

Coté maintenance du véhicule, comme tout véhicule roulant, une voiture électrique doit passer un contrôle technique à sa quatrième année puis tous les deux ans. Cependant, les coûts d’entretien sont beaucoup plus faibles pour un véhicule électrique. Plus de 10 fois moins de pièces soumis aux frottements, pas de vidange, pas de courroie de transmission. Et un système de récupération au freinage qui use moins vite les plaquettes.

Les frais d’entretien sont donc réduits (jusqu’à 1/3 du poste entretien des véhicules thermiques soit 500 € par an), et la revente facilitée.

Sur la route, vous pouvez trouver d’autres avantages. Certaines autoroutes sont moins chères pour les véhicules électriques. Dans certaines communes, vous avez un stationnement plus abordable.

Mobilité électrique – bilan des coûts d’achat et d’usage d’un véhicule électrique

En ce moment par exemple, pour le remplacement de votre véhicule Diesel par une BMW i3 bien équipée, batterie comprise, au tarif de 45000 €, vous cumulez prime BMW de 6000 € et bonus écologique de 6000 €.

Vous habitez les Bouches-du-Rhône, c’est 5000 € d’aides locales cumulables en plus. Vous économisez donc déjà 17000 € sur le prix d’achat.

A l’usage, en roulant 20000 km, cela vous coûte 850 € de « carburant », 500 € d’entretien. En ayant souscrit une offre V2G qui rapporte 150 € / an et en louant 6 fois votre véhicule (75 € récupérés à chaque location), votre véhicule électrique vous coutera 750 € de frais annuel. Hors lavage bien-sûr car vous serez fiers de rouler électrique. Avec un véhicule thermique, l’Automobile Club Association (ACA) indique que carburant plus entretien sur un roulage identique coûte 3500 € par an.

2750 € par an d’économies, et si finalement la mobilité électrique était plus écologique et moins coûteuse ?